Revenu de base en Afrique: Give Directly

 

 

Plusieurs expériences de revenu de base sont tentées avec succès en Afrique et plus spécialement au Kenya et   enNamibie. Pourquoi le Kenya: il est très en  avance en Afrique sur le paiement par téléphone mobile: système essentiel  dans la mise en place du Revenu de base.  Sans l'utilisation de ce système inutile d'essayer: ce serait trop administratif (donc trop  couteux) et sujet à tous les détournements.

 

 

                                             François Escoffier 25/09/18

                                   

 

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Un projet de revenu universel au Kenya est en train de se mettre en place
 

15 mars 2017 - Diane Scaya

Give Directly est une ONG apparue sur le devant de la scène il y a quelques semaines depuis que Pierre Omidyar, fondateur d’eBay et multimilliardaire a investi quasiment un demi-million de dollars dans ce projet basé sur le revenu universel à destination des Kenyans touchés par la pauvreté.

L’économie au service des plus pauvres

Paul Niehaus et Michael Faye, fondateurs de Give Directly, sont des spécialistes en économies. Forts de leur expérience en cabinet de consulting ainsi que de leur agilité à penser de manière innovante, ils ont mis sur pied Give Directly avec pour idée principale : réduire les intermédiaires entre le donateur et le receveur de fonds. En fait, ils ont mis en place un système permettant un transfert d’argent direct entre les deux entités. Sur 1$ donné, le receveur touche 0,91 cts. La technologie de transfert d’argent ayant énormément évolué, le coût des transactions devient très bas et permet aux donateurs de connaître l’utilisation exacte de leur argent ainsi que de suivre les résultats des dons en direct. Forte de sa transparence, l’organisation Give Directly semble être composée de spécialistes en économie et en entrepreneuriat qui publient des dizaines de rapports mettant en lumière leurs résultats de recherche concernant le coût de l’implémentation d’un tel revenu universel, l’origine des fonds générés et les conséquences sur la vie et la société kenyanne.


Comment ça marche ?

Tout d’abord, Give Directly localise les Kenyans victimes d’extrême pauvreté en zone rurale afin de collecter des données sur leur état ainsi que d’ouvrir le contact et d’instaurer un lien. Ensuite, une vérification s’impose : Give Directly ne souhaite pas devenir un instrument et vérifie continuellement que les receveurs sont éligibles et non corrompus. Par ailleurs, ils utilisent les coordonnées GPS pour détecter les irrégularités – ainsi, 3 % des foyers au Kenya qui semblaient éligibles, ont été retirés de cette liste suite à la vérification pour combattre la corruption. Les personnes éligibles au don reçoivent une alerte par SMS afin qu’ils puissent récupérer l’argent via mobile ou dans le village le plus proche. Tous ceux qui ont reçu un don sont appelés afin de vérifier le bon déroulement des événements et éventuellement mettre en place un suivi personnalisé.

Du direct, du sans filtre

L’organisation de Give Directly permet aux donateurs de suivre en direct les conséquences de leurs dons via un fil d’actualité en direct où ceux qui ont reçus expriment leur gratitude et expliquent ce à quoi l’argent leur a servi.

« La plus grande différence dans mon quotidien est que j’ai la possibilité de cultiver une large partie de ma terre car j’ai pu acheter deux bœufs, très utiles pour le travail agricole. Je n’ai plus besoin de creuser avec mes mains, ce qui me prenait énormément de temps pour achever le travail, et j’atteins des rendements comme jamais auparavant ! » John, suite à son second paiement de 487 $.

« Je suis vraiment heureuse et apaisée depuis que j’ai reçu tous les paiements que j’ai pu dépenser pour atteindre mes objectifs. Je n’aurai pas pu construire de maison pour mon fils ou subvenir à mes besoins sans cet argent. Que Dieu bénisse GD (Give Directly) pour avoir redonné du sens à notre vie. » Rose, suite à son 3ème paiement de 470 $


Une éprouvette à double tranchant

Give Directly est une initiative innovante qui change en ce moment même la vie de nombreuses personnes en implémentant ce revenu universel dans un des pays les plus pauvres du monde. En même temps, cette organisation a été fondée et avance grâce aux compétences et aux fonds de tierces parties en faveur de l’implémentation du revenu universel, qui soutiennent la même version que celle de Benoît Hamon : la disruption du travail. En effet, de nombreux libertaires de la Silicon Valley ont pour idée que le travail de nombreuses personnes risque de disparaître ou de s’alléger petit à petit avec l’utilisation croissante des machines. Un groupe de réflexion sur le revenu universel financé à hauteur de 10 millions de dollars par des PDG et des business angels (investisseurs) californiens plaident que « Le revenu universel a le potentiel de nous redonner la liberté de choisir notre travail et notre vie. ». Par ailleurs, les co-fondateurs de Give Directly démonte l’idée qu’il vaut mieux apprendre à pêcher à un homme qui a faim plutôt que de lui donner du poisson « L’implicite pêché d’orgueil, derrière ce dicton « d’apprendre à pêcher », réside dans le fait que nous pensons être de bons pêcheurs. C’est faux ».

En effet, Give Directly a bel et bien pour but de transférer des fonds entre les mains des particuliers afin de leur donner les outils permettant de créer de la valeur et améliorer leurs conditions de vie, entraînant ainsi hypothétiquement et par conséquent : une croissance. Les acteurs qui ont mis en place cette énorme expérience afin de faire avancer les réflexions sur le revenu universel sont des grands noms de la Silicon Valley, des PDG de multinationales, des think-tanks, des cabinets de consultants et des établissements bancaires tels que Citi, Mastercard et Visa.

Si leurs objectifs sont lucratifs, ils sont également philanthropiques et ont le pouvoir, de par leur esprit entrepreneurial et leurs moyens financiers et humains, de faire avancer les questions politiques contemporaines. Les entreprises, en suivant l’objectif d’une croissance innovante, ouvrent de nouvelles portes qui font évoluer notre société. Par ailleurs, il est de plus en plus reconnu que le rôle des entreprises n’est pas seulement de créer de la valeur et des emplois, mais aussi d’être acteurs de la société pour le meilleur et pour le pire.


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15 mars 2017 - Diane Scaya


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