Entretien avec le maire de Fos

Entretien avec M. Raimondi maire de Fos sur Mer et Président du Syndicat de l’Agglomération Nouvelle Ouest (SAN Ouest).

 

La ville de Fos sur Mer est un acteur en principe incontournable pour tout ce qui concerne le port et le zone portuaire, la réalité est pourtant bien différente. 

Et la nouvelle loi sur les métropoles, qu’en pensent les élus locaux ? Les querelles interminables entre Marseille et les communes de Bouches du Rhône remontent à la Libération

 

A votre avis l’organisation de la  gestion du port vous semble-t-elle optimale ?

La malédiction du port, de la gestion portuaire, c'est le port aménageur,

La responsabilité de l'aménagement est dévolue aux communes par la loi, mais s'agissant des zones portuaires de Marseille-Fos, cette compétence a été retirée aux communes pour être confiée à l'établissement portuaire (aujourd'hui GPMM).

Les 7000ha de zones portuaires situées sur la commune de Fos sont donc administrés par le GPMM ; or celui-ci a comme objet premier de gérer le port proprement dit et prête peu d'attention au développement des activités connexes qui pourraient venir s'implanter sur ces zones.

 

Pourquoi dans les Bouches du Rhône, y a-t-il cette animosité entre Marseille et les  autres communes ?

L’erreur a été commise il y a 50 ans, le maire de Marseille et le gouvernement ne voulaient pas entendre parler d’un  regroupement des communes rouges. La ceinture de Marseillee était rouge. D’où création entre autres de la  Socoma sur le port pour ne pas laisser la main aux communistes.

Le SAN (SCA au départ), une  intercommunalité, se crée  il y a 40 ans.  Le Syndicat d’Agglomération Nouvelle de l’Ouest aurait dû  inclure Marseille, mais refus de G Defferre.

 

A l’epoque Fos n’a pas voulu pas rentrer dans le SCA car à cette époque la rente maritime revenait en totalité à Fos et rien aux autres, Fos ne voulait pas partager.

Plus tard après la création de la Région, Fos va donc frapper à la porte  du  SCA futur SAN Ouest.

 

Quelle perception avez-vous  du Grand Port Maritime ?

On a créé le  Port Autonome de Marseille il  y a 50 ans, il est devenu  par la loi en 2008 le Grand Port Maritime de Marseille.

 

Le développement du  port est assuré depuis 10 ans uniquement par les conteneurs , il faut faire très attention, il faut   aussi privilégier l'industrie porteuse d'emplois,  travailler avec les élus locaux et ne pas se soucier seulement du développement portuaire stricto sensu.

 

N’oubliez pas que le port est géré par un directeur nommé par le conseil des ministres. En général il fait un petit tour et puis s'en va.

Marseille continue à  s’autodétruire, il est prévu un centre commercial devant le siège du  GPMM.

 

Que pensez vous des métropoles ?

La métropole est une vaste fumisterie. Une création de Nicolas Sarkozy qui voulait voir disparaitre toutes les régions gouvernées par la gauche.

Les métropoles, selon N. Sarkozy consistaient à casser le socle des communes à gauche. Il rêvait de n’avoir à négocier qu’avec 10 métropoles.

L'arrivée de la gauche au pouvoir n'a entrainé pratiquement aucun changement, la métropole apparaît comme un moyen de sauver Marseille.

 

Patrick Menucci estime  anormal que certains soient assis sur tas d'or et d'autres non.

Pour P. Menucci, étant donné les difficultés de Marseille, il faut  récupérer l’argent là où il est.

lls font une erreur gravissime, à Miramas il y a 45% de chômage. Port St Louis, c’est la ville qui a les plus petits revenus par habitant.  Le SAN Ouest a des collectivités territoriales riches mais des habitants pauvres,  la grande majorité de ses habitants sont des ouvriers. 

 

ll doit y avoir partage des richesses mais aussi des contraintes.

Les choix économiques ont continué à être mauvais: l’incinérateur en est le symbole par excellence, on va construire chez le voisin ce qui n'est pas accepté chez soi. L'incinérateur rapporte 10 millions par an aux collectivités ,  les marseillais paient en plus la facture. Avec la métropole, ils gagneraient sur tous les tableaux : ils ont installé l’incinérateur chez nous, et  les 10 millions seraient  reversés à la métropole.

On ne veut pas que  Marseille nous prenne pour une  poubelle

La solidarité, c'est aussi une eau propre  de l’air propre pour les villes industrielles autour de l’étang de Berre.

 

Les cadres  habitent Aix ou Marseille, les employés sur les communes pauvres de l'étang de Berre.

 

Fos a 17 000 habitants , ses recettes seront à partager  avec 1 million d’habitants

Marseille avait fait une grave erreur, ne pas créer un territoire intégré et en se debarassant de tout.

 

Pour vous quel doit être le  niveau de la gestion locale

La métropole est un retour vers la centralisation,  la décentralisation c'était la  disparition du département, l’intercommunalité est le bon étage pour le social traité à ce jour par le département.

Les écoles, les collèges, répartis  entre intercommunalitié et région. Il faudrait aller vers une vraie région: avec sa propre fiscalité.

La centralisation de la gestion du GPMM retarde toutes les décisions : le contournement de Port de Bouc traine.

Je n’ai jamais senti le poids préfectoral comme maintenant

 

Comment  continuer  à développer le territoire ?

Donner le pouvoir aux  regions et intercommunalités. On devrait donner aux régions le vrai pouvoir. Dans la zone du port de Fos  il est interdit d’utiliser les terrains pour ne pas chasser les crapauds et les grenouilles qui sont arrivées après la mise en place de la zone portuaire. Il ne faut pas toucher aux grenouilles et aux crapauds qui sont revenus,  mais d’un autre côté on n’a pas  hésité à importer les fumées (de l’incinérateur en particulier).

 

 

Quelles sont les entraves au développement du GPMM  et de la zone de Fos ?

J’ai dit que le port est géré par un directeur  nommé par le conseil des ministres, il fait un petit tour et s'en va. Le  GPMM a perdû le marché allemand à cause de son manque de fiabilité.

 

La zone porte-conteneurs est desservie par une voie unique, il est prévu   une deux fois  deux voies.

Après avoir déchargé la marchandise, il faut l’évacuer, les décisions sont trop longues à prendre.

Que faire des espaces disponibles: ex plate forme chimique, il faut faire une étude d'impact global par l'aménageur pour savoir où on peut construire sur cette zone.

Attention, les hauts fourneaux  d'Arcelor s'arrêtent quand il n'y a plus de commande dans le sud. Arcelor employait 9000 salariés et seulement 3000 aujourd'hui.

 

 

François et Michel Escoffier  septembre 2013

  1. Le SAN Ouest comprend à ce jour les villes d’Istres, Cornillon Confoux, Fos sur Mer, Grans,Miramas, Port Saint louis duRhône

     

  2. Xxxxxxxxxxxxxxxxxxx              



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