Cogestion contre 39 heures ? Pour réduire le chomage et les inégalités de salaire

Seriez-vous d’accord pour introduire en France la cogestion à l’allemande  contre le retour aux 39 heures  sans (*) augmentation de salaires  ? Les modalités de retour aux 39 heures étant définies par des négociations entre les entreprises et les syndicats.

 

(*) sans augmentation de salaire uniquement pour les entreprises en difficulté

 

Si vous voulez en savoir plus, lire ci-dessous.

 

Le pire de tous les maux , n’est-ce  pas le chômage ?  Nos gouvernements  peinent à le réduire. Avec la crise il va continuer à s’étendre.

 

Depuis quelques années la cohésion sociale est mise à mal avec les salaires de PDG qui peuvent atteindre plus de 9 millions d’euros par an soit 750 à 800 000€ par mois. Et si le PDG reçoit cette rémunération,  il ne faut pas s’imaginer  que ses proches collaborateurs touchent 10 fois moins. A titre d’exemple le PDG de Daimler (Mercedes) a obtenu 8.65 millions d’euros en 2011 et le Comité de direction composé de 7 membres a été payé  28 millions.

 

Ne pourrait-on pas passer un compromis entre employeurs et salariés : retour aux 39h (quand c’est indispensable * sans augmentation de salaire contre participation des salariés  au CA (50/50 au comité de rémunération) ?

 

En fait pourquoi  ne pas s’engager vers la cogestion à l’allemande ?

 

La limitation des hauts salaires par la loi a le mérite de résoudre momentanément la question. Elle va créer des distorsions entre le public et le privé qui seront probablement  nuisibles au public dans les années à venir,  sans compter le risque de délocalisation de directions générales dans d’autres pays européens (impôt à 75%).

 

Et l’évasion fiscale ?  La revue Capital de mai 2012 a dressé la liste des moyens d’évasion  légaux et illégaux : dissimulation de patrimoine en biens professionnels,  déduction pour monuments historiques, « système Bettencourt, stock-options défiscalisées, « split salary », donation avant cession, fausse expatriation, dispositif Malraux, vente d’œuvres d’art à Genève)

La mise en place de la cogestion introduirait de la transparence et de la modération dans les salaires des équipes dirigeantes.

 

La cogestion à l’allemande a été introduite en  52, 72 et 76

 Le patronat allemand s’y  est opposé de toutes  ses forces (recours de toute sorte devant les tribunaux pendant des années...)  Et il est y favorable en période de crise.

La cogestion s’impose pour toutes les entreprises de 2500 salariés et plus. Les salariés disposent de 50% des sièges au CA , le PDG  a une voix prépondérante

Pour éviter le dévoiement de la cogestion, il est indispensable de limiter les mandats des représentants syndicaux   à 4 ans maximum , 6 étant un grand maximum. Au-delà, les représentants des salariés prennent de mauvaises  habitudes : voir corruption et scandale sexuel  chez le représentant de Volkswagen.

En 2005, quelques années avant la crise , le patronat voulait remettre en cause la loi sur la cogestion prétextant qu’elle n’était plus adaptée à la mondialisation. Pendant  la crise, le grand patronat y est devenu favorable : Le Monde, (16 mars 2012) Gerhard Cromme, PDG de Siemens : « Je ne pensais pas un jour devoir défendre la cogestion."
 

 

 

Accepterons –nous français de copier un modèle d’organisation qui viendrait d’Allemagne ?  Non, on répondra  que l’esprit français et allemand sont trop différents, que nous sommes capables de trouver des solutions  nous mêmes….Nous pourrions avoir des surprises, de grands  industriels français proches du Parti Socialiste et des membres très importants du Parti Socialiste regardent avec envie ce qui se passe en Allemagne . Un point est certain : si nous implantions ce système en France, syndicats et patronat devraient prendre le temps d’en parler

 

                                         François Escoffier  Le 19 juin 2012

 

* indispensable: les entreprises en difficulté réelles

Vous pouvez écrire soit sur le site soit à l’adresse suivante pupi.site@gmail.com 

 



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