Les enjeux politiques liés aux gaz de schistes et au nucléaire.

L'exploitation des gaz de schistes telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui a des conséquences quasi-immédiates en terme de pollution souterraine qui peut s'étendre aux nappes phréatiques. Mais politiquement, le gain apporté par les gaz de schistes est considérable. Le gouvernement qui décide de les exploiter sait qu'il tirera un bénéfice à court terme, en donnant l'illusion à l'opinion que cette forme d'énergie limitera la dépendance énergétique du pays, alors que les conséquences de la pollution que l'extraction provoquera ne se feront pas sentir dans l'immédiat, mais à un horizon qui, du point de vue électoral pour un politique, est lointain.

Pour l'énergie nucléaire, le bénéfice politique de son exploitation est encore plus évident, pour peu que la technostructure soit suffisamment puissante pour imposer cette forme d'énergie à la population comme étant incontournable, malgré les risques pourtant immenses que celle-ci représente pour le continent européen (plus de 50 réacteurs nucléaires en France non protégés contre le risque terroriste). Malgré la catastrophe de Fukushima, malgré l'abandon du nucléaire en Allemagne, la technostructure française a fait le pari de la poursuite de l'énergie nucléaire, misant sur le fait que l'opinion publique est persuadée qu'un accident majeur est impossible en France, et persuadée aussi que le nucléaire est financièrement rentable.
 

S'il est vrai qu'un réacteur nucléaire est d'autant plus rentable que sa durée d'exploitation s'allonge, il n'en n'est pas moins vrai que les coûts d'entretien liés au vieillissement d'une centrale viennent relativiser sa rentabilité, et que les probabilités d'accident augmentent avec le temps.
 

Face à ce constat, il me semble que ni les gaz de schistes ni le nucléaire ne sont une solution soutenable à long terme.


Dans le cas du nucléaire, il est impossible d'y mettre fin à court terme étant donné l'inertie des réacteurs et la lourdeur du démantèlement de ceux-ci. Nous sommes donc condamnés à financer pour de longues années l'entretien puis le démantèlement progressif des centrales arrivées à leur limite d'âge.
Concernant les gaz de schiste, on comprendrait mal tous les efforts déployés pour la protection de l'environnement et la lutte contre les émissions de CO2 pour laisser se développer une industrie polluante qui menace les nappes phréatiques et augmentera les rejets de C02 dans l'atmosphère. Le choix de soutenir une nouvelle forme d'exploitation d'énergies fossiles ira à l'encontre du soutien aux énergies alternatives non polluantes et soutenables, étant donné le contexte de restrictions budgétaires tous azimuts.

 

Gilles Pansu



Les réactions

Avatar Joseph Chantraine

Excellentes observations, à diffuser pour éclairer l'opinion publique et faire pression sur les décideurs . Comment relayer politiquement ces remarques ?

Le 15-10-2014 à 12:24:07

Avatar Karel Cools

Dire que l'un et l'autre ne sont pas la solution n'est pas la solution. Il est évident que quand il fera moins dix et qu'il n'y aura pas de vent pendant de longues nuits d'hiver, il fera jour et 25 degré chez nos voisins à qui nous pourrons acheter cher l'électricité qu'ils auraient éventuellement en trop. Nous pourrions aussi en Belgique acheter de l'électricité nucléaire à la France ou de l'électricité 'au charbon' à nos voisin allemand.

Le 30-03-2015 à 22:44:45

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