La situation des deux grands ports français

 

Le HAVRE  progresse, Marseille/Fos stagne,

Marseille-Est, en danger

 

 

Nous  avons écrit deux articles sur  les ports de Marseille/Fos et Le Havre.  Le premier « DEUX  propositions pour progresser rapidement” et le   second « Réforme  ou non ? Entretien avec Charles Revet, sénateur » 

Nous avons poursuivi nos enquêtes.  Nous nous sommes limités  au port de Marseille et nous nous inquiétons particulièrement pour celui  de  Marseille-Est  (par rapport à celui de Marseille  Ouest qui est en fait celui de Fos).

 

Pourquoi ? A fin novembre 2013 (statistiques officielles du port) Le Havre avait  embarqué débarqué 2,288 millions de conteneurs EVP (équivalent 20 pieds) soit +7,5%.  A Marseille-Fos (moins  d’un million de conteneurs), le port a globalement régressé mais les conteneurs ont  aussi   augmentés  de 6% d’après un article de   « l’antenne.com ». Les statistiques les plus récentes du port de Marseille s’arrêtent à fin mars 2013.

Nous  publierons les entretiens avec un certain nombre d’interlocuteurs qui comptent dans le GPMM : Nous  commençons par le Président de l’UMF  (Union Maritime et Fluviale de Marseille-Fos, Jean-Philippe Salducci, ainsi  que du syndicat des Pilotes de Marseille-Fos.

 

Le port  de   Marseille-Est

 

Notre point de vue

          L' avenir du port : Marseille Ouest et Est

L’avenir du port de Marseille-Ouest, celui de Fos continuera  à  se développer à la même vitesse   qu’auparavant,  c'est-à-dire très lentement. Globalement le tonnage régresse du fait des hydrocarbures  mais il  y a une augmentation des conteneurs sur Marseille-Est et Ouest (la répartition n’est pas encore disponible sur   le site du GPMM) 

 

Quant au port de Marseille-Est, la charte ville/port qui regroupe toutes les responsables des collectivités et  institutions de Marseille, locales et régionales devrait assurer son avenir. Sera-elle appliquée ?

                        Le  développement de la croisière  est assuré, le Maire actuel y est très favorable. Le  maintien du port de commerce, s’il est réaffirmé  dans le texte de la charte, on peut se poser des questions sur  la volonté de  l’appliquer de tous les acteurs. D’après  JP Salducci : « Je peux vous assurer que les services de la mairie  travaillent véritablement avec conviction  sur le projet. La ville et ses services coopèrent »  Quant au Préfet il déclarait en novembre 2013 "Il est important de savoir si l'on investit dans les bons projets, a expliqué le représentant de l'Etat, Si les opérateurs n'utilisent pas le terminal de Mourepiane, est-ce que les investissements seront optimisés?". Un  article du 20 février  de www.mars.actu.fr  dédouane  le  Préfet de Région d’une hostilité quelconque  à l’égard du  terminal de Mourepiane.

 

On lira dans l’entretien avec  JP Salducci que  l’investissement de Mourepiane sauverait le port de Marseille-Est … si les opérateurs sont disposés à l’utiliser.

 

Toutes les professions qui gravitent autour du port sont très  favorables à la revitalisation du port  de commerce. Pourquoi ce blocage au   sujet de    Mourepiane ?

 

Dans les affaires il est bien connu qu’on ne met jamais tous ses œufs dans le même panier. Ce serait le cas si Marseille-Est était transformé uniquement en port  de croisière. Il suffirait qu’un événement contrarie cette activité pour   entraîner  la ville dans des difficultés.

 

Il est  de  l’intérêt de la région marseillaise de diversifier  ses activités : la  région possède un pôle d’excellence : l’aéronautique, la croisière constituant un autre axe, et   le port  de commerce le  3ième  axe 

Parmi les acteurs, il y en a  un essentiel, disons central, le syndicat CGT des dockers. Vous trouverez notre  point de vue  dans l’article publié la semaine prochaine. Un mot : nous  affirmons de nouveau  que ce serait trop facile de tout mettre sur le dos de la CGT, cela dit eux-mêmes ne doivent pas non plus sous –estimer le rôle qu’ils jouent et qu’ils ont à jouer dans la survie du port de Marseille-Est.

 

Qui  devrait gérer le GPMM ?

          Nous avons écrit dans l’article cité ci-dessus que  «  les grands ports maritimes  du Havre et  Marseille Fos soient entièrement gérés, comme à Anvers, au niveau local, par une régie communale. Il ne s’agit en aucun cas une attitude de défiance vis à vis de l’Etat. Une  gestion locale entraine une très forte réactivité des autorités aux sollicitations des entreprises portuaires. L’Etat  étant toujours partie prenante car il finance une part des investissements qui   sont de son ressort.

Nous  estimons toujours qu’une gestion locale s’impose. Mais contrairement à ce que nous avons écrit la gestion communale poserait des problèmes. Prenons l’exemple de  la nouvelle  gare à construire pour les conteneurs   à Marseille–Est, les riverains s’y opposent fermement, et pour ne pas déplaire aux électeurs le maire quel qu’il soit différera  l’investissement (Cap-Nord). On veut bien des emplois à condition que les usines, les voies de chemins  de fer soient chez le voisin.

            Plusieurs interlocuteurs ont rejeté la gestion par la Métropole. Pour quelles raisons ?  Première raison, Marseille aura  sans doute une voie prépondérante, majoritaire (1) ce  qui équivaudrait à une gestion communale. La seconde,  le  conflit  entre Marseille et les autres villes des Bouches du Rhône date  de la Libération. On lira à ce titre la semaine prochaine, l’entretien avec M. Raimondi, maire de Fos sur Mer.

  

 En revanche il y aurait un consensus pour une gestion régionale: la région PACA prenant en compte l’intérêt régional, avec la participation des  collectivités et institutions locales.

 

 

L’avenir   du port de commerce de Marseille-Est est  très incertain, celui de Marseille-Ouest sûr mais peu  de perspectives pour le moment.

Dommage, un des nos interlocuteurs  nous disait « J’aimerais que mes filles puissent trouver du travail dans les activités portuaires » De  nombreux emplois peuvent être crées comme à Anvers, Rotterdam, Barcelone…. mais faut-il encore que toutes les conditions soient réunies. 

 

ET  POURQUOI PAS ?

 

 

François  et Michel Escoffier le 2 mars 2014

 

      (1) Département des Bouches de Rhône: 1,975habitants, pour 119 communes ; CUM (Communauté Urbaine de Marseille): 1,041h, pour 18communes et Marseille: 851 000  habitants.

 

 

  l’antenne.com 20 fév. 2014: trafic en retrait de 6% en 2013, avec 80.868 millions de tonnes. Recul  comme d’habitude au recul vracs et liquides. Hydrocarbures de  52 ,7  à 46.4 Mt



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