Entretien avec Charles Revet: sénateur

 

Dans notre enquête sur les ports nous avions évoqué en tête de l'article,2 propositions: une gestion locale des ports et l'instauration d'une alerte à la grève (type préavis). A ce jour nous ne savons pas si la CGT serait prête à aborder cette question. Quant à la première proposition nous sommes allés rencontrer un sénateur qui connait parfaitement bien les grands ports maritimes.

Mardi 25 juin à 16h , nous avons été reçus au Sénat par Charles Revet , sénateur UMP de Seine Maritime. Charles Revet a été le Président du groupe de travail sur la réforme portuaire  en juillet 2011. Ce groupe de travail de  7 personnes comprenait toutes les tendances politiques. Le groupe Communiste Républicain et Citoyen a pour sa part souhaité introduire une contribution annexée au rapport qui a été adopté à l’unanimité.


Nous voulions savoir  pour quelles raisons le dernier rapport, comme le précédent (celui de 98 du sénateur Marc Massion) n'avaient pas eu de suite.

Il y a en premier lieu une raison de calendrier. Le rapport est sorti  peu de temps avant les élections présidentielles. Ce qui ne permettait pas de déposer  une proposition de loi ou tout au moins qu’elle soit examinée.

Seconde raison, les lois  sont d'initiative  parlementaire (ce sont des propositions) ou gouvernementale (ce sont des projets). Faire accepter une proposition de loi est difficile. D'autant plus que sur ce sujet on touche au pouvoir de la technostructure et pour reprendre les termes du sénateur Charles Revet : "le système est totalement impersonnel, il est impossible de le faire bouger".
Le sénateur nous a expliqué qu'au cours d'une réunion regroupant tous les directeurs généraux des ports et d'anciens directeurs, la très grande majorité de ces hauts fonctionnaires déclarait que l'Etat ne donnait jamais d'instruction, et lorsque les mêmes personnes faisaient remonter des informations et des demandes d'avis , ils ne recevaient JAMAIS de réponse

Troisième raison , le fonctionnement démocratique (majorité/ opposition) rend très difficile une proposition commune des sénateurs UMP PS. Nous passerons sur les détails qui rendent cette initiative impossible. Nous pensions que non seulement  les ex rapporteurs du rapport auraient dû prendre une initiative commune, mais il aurait  fallu aussi que  des représentants de l'Assemblée Nationale soit partie prenante. C'était méconnaitre le fonctionnement des institutions parlementaires.

Heureusement, il n'est pas défendu de se parler. Dès le départ, la CGT des dockers devrait être associée à cette démarche. Nous pouvons vous dire  qu'après les échanges antérieurs que nous avons eus avec les responsables du syndicat des dockers tant au Havre qu'à Marseille, qu'ils sont d'accord avec les parlementaires sur les modalités de la gestion locale des ports.  Il faudra prendre une précaution particulière sur l'autorité juridique qui chapeautera le GPMM (Grand Port Maritime de Marseille). L'accord des collectivités locales concernées et de la CGT sera indispensable. Il va de soit qu'au Havre il faudra aussi l'accord  des mêmes partenaires, mais la situation locale est moins complexe.

A ce jour le Sénateur Charles Revet ne baisse pas les bras, il va prendre des  initiatives. Pour notre part nous vous tiendrons au courant du rôle modeste que PUPI  peut  jouer.

Une chose et sûre Tous ceux qui s'intéressent aux ports veulent que ça change.

 

 

François Escoffier  janvier 2013

 

Extraits de la contribution des Sénateurs du groupe

Communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs

du Parti de Gauche (CRC-SPG)

« Quelles compensations financières peuvent attendre les

collectivités locales qui souhaitent s’investir ? Celles-ci

seront-elles à la hauteur (très basse !) des investissements

de l’État ces dernières années ? A quel niveau les

garanties financières des collectivités locales qui

s’investiront seront-elles autorisées par la loi ?

Autant d’inquiétudes que de questions. A souligner

cependant, l’idée positive pour les collectivités de ne plus

subventionner à fonds perdus mais de pouvoir participer

aux bénéfices en contrepartie de leurs investissements.

Nous ne renonçons pas cependant de voir l’État jouer un

rôle financier déterminant dans le domaine du

développement portuaire (plusieurs milliards d’euros sont

nécessaires) et dans le développement des infrastructures

de l’hinterland (voies ferrées, fluviales, routières). »



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