SS bonus malus: deux autres avis

 

 

 FAIRE UN VERITABLE ETAT DES LIEUX

 

Le sujet de l'article (SS: bonus , malus ?) est très important et très intéressant. Cependant, la notion de bonus malus est assez particulier. En effet, historiquement, la SS est née d'un désir de solidarité, à la différence du principe des assurances (même si on appelle la SS "assurance maladie"). Et notre problème actuellement est de considérer un accès gratuit au soin, alors que l'accès n'est pas gratuit, car chacun paie sa contribution. Mais il est solidaire. Et dans le cas de cette solidarité, le principe était bien de prendre en charge les écarts de santé des uns et des autres.

 

Et le problème que nous avons aujourd'hui est de faire un véritable état des lieux. En effet, j'ai lu un petit livre très bien fait, il y a quelques années ("comment (vraiment) sauver la sécurité sociale" :  http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Comment_sauver__vraiment__la_Secu-9782707142672.html)

Dans ce bouquin, l'auteur montre comment les analyses sur l'état de la sécu sont contradictoires ; tout le monde a sa part de responsabilité : les patients bien sûr, mais aussi le corps médical, les labos pharmaceutiques, et surtout les grosses entreprises qui ne paient pas leurs cotisations au niveau demandé (Renault par exemple), et qui font un grand chantage à l'emploi.

 

C'est pourquoi, à mon sens, il est dangereux de ne s'adresser qu'aux seuls patients, car, quand bien même ils réussiraient à être responsables, les autres acteurs risqueraient d'en profiter pour tirer un peu plus sur la corde.

 

Cependant, les attitudes responsables sont aussi souhaitables ; on cite souvent le cas de patients qui sont à la CMU, donc, qui ne cotisent pas et qui sont pris en charge totalement par la sécu, et qui font des remarques désobligeantes aux personnes qui les soignent.

 

C'est un sujet très important, mais qui est très difficile à aborder véritablement objectivement.

 

Bernard  Gondouin avril 2014

 

 

Pour une responsabilisation du patient face au coût des soins.

 

J'ai été hospitalisé pour une pneumopathie à Marseille, ils voulaient me garder 10 jours en observation, quand ils ont su que je n'avais pas de mutuelle ils m'ont relâché au bout de trois jours et je m'en suis très bien porté...

Traité pour dépression et pris en charge à 100% je me suis aperçu un jour que je prenais un médicament coûtant 150€ par mois quand j'ai dit au psychiâtre que je pensais pouvoir m'en passer, il n'a pas dit non et depuis tout va bien.

Ces exemples montrent qu'un patient sensibilisé au coût des soins peut faire faire de sérieuses économies à la Sécurité Sociale, tout en étant bien soigné, encore faut-il que les médecins acceptent de prendre un petit risque.

A mon avis la question du coût des soins est à mettre en regard de cette notion de risque et de la responsabilité du médecin, en effet on demande au médecin de nous administrer les meilleurs soins, mais avec la demande de "meilleur", il n'y a plus de limite au coût engagé.

Il faut donc trouver un moyen de responsabiliser le patient dans la recherche d'un équilibre raisonné entre le meilleur soin et un coût supportable par la Sécurité Sociale.

On peut ainsi proposer que chaque fois que le patient acceptera de limiter le coût de ses soins, la Sécurité Sociale lui versera un bonus incitatif proportionnel à l'économie réalisée; il faudra alors que le patient signe une décharge pour limiter la responsabilité du médecin en cas de pépin.

 

 

l'idée d'un bonus malus est intéressante dans cet objectif, cependant je pencherais plutôt pour le seul bonus.
Ainsi, chaque fois que le patient accepterait de limiter le coût de ses soins, il toucherait un bonus incitatif; il faudrait alors qu'il signe une sorte de décharge pour limiter la responsabilité du médecin en cas de pépin

 

 

MIchel Escoffier avril 2014

 

 



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