Réforme des rythmes scolaires et port du voile

 

Augmentation du nombre de femmes voilées

dans certains quartiers en France.

Y a-t-il un lien inattendu

avec le changement des rythmes scolaires ?

 

Selon divers témoignages dans certains quartiers en France, des mères qui venaient conduire leur enfant à l’école maternelle sans voile religieux particulier, y  viennent désormais en portant en public un voile spécifiquement religieux; certaines expriment des craintes que des pressions s’exercent sur leurs enfants comme sur elles.

 

Ce changement d’attitude assumé par des femmes pratiquantes, autrefois assez sereines et distantes de toutes références religieuses fondamentalistes ou littérales, est parfois expliquée à des professeurs des écoles qui s’en étonnaient : tantôt, par un souci de ne pas être importunée, tantôt par une pression d’ordre familial.

 

Il m’a été rapporté que dans certaines familles, la sortie plus tôt de l’école a posé un problème d’organisation pour les parents, surtout quand ils ne sont pas au chômage.

Cette difficulté a quelquefois été surmontée par une offre d’autorités religieuses locales de prendre en charge la garde plus précoce des enfants, sans rémunération par les parents, car, auraient-elles dit, elles recevaient des aides étrangères pour ce genre de prestation.

Par après, certains enfants auraient demandé à leur mère de ne plus sortir sans voile religieux pour ne pas être objet de réprobation et de critique d’un comportement qui pourrait être jugé indécent. Le père avait appuyé cette précaution.

 

Que chaque femme puisse se vêtir à sa guise – tout en restant identifiable - dans les espaces privés et publics est conforme à la liberté individuelle en France; par contre, qu’une pression s’exerce pour modifier un comportement déterminé dans l’espace public, parfois même en ne respectant pas la loi française, défie les usages en France.

Sous l’apparence d’arguments religieux, ce sont, semble-t-il, des tests de résistance de la société française à des modifications des usages, d’inspiration politique étrangère.

 

Autant, je trouve normal, par exemple, dans des pays à majorité musulmane et en particulier à proximité de lieux de culte, que des touristes n’aient pas un comportement qui puisse être jugé blessant par la majorité de la population, autant, je voudrais que les personnes d’autres cultures respectent, en France, les habitudes et libertés françaises.

Si des touristes visitent un lieu de culte en Italie, il est requis qu’ils respectent les souhaits d’être vêtus selon les sensibilités italiennes ou vaticanes.

 

Je regrette qu’une vision sectaire instrumentalise la religion musulmane sur ce point. Une quelconque pression, en France, pour changer des habitudes vestimentaires féminines que réprouveraient certains hommes, me paraît à moi comme à beaucoup d’autres citoyens, inacceptable.

Pour moi, au-delà de l’instrumentalisation sectaire étrangère dont ils sont sans doute l’objet, ces hommes veulent s’éviter, à la vue de visages de femmes, de ressentir un trouble plus ou moins inconscient.

Mais pourquoi vouloir assujettir les femmes et régir les vêtements féminins et pas ceux des hommes ?

 

Joseph Chantraine, le 12 février 2015



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