Les chiffres sont accablants: il y a de plus en plus d'étrangers dans ce monde !

 

l'humoriste Luis Rego : les chiffres sont accablants

 

Après les dernières glaciations et l’apparition de la maîtrise de la culture et de l’élevage, les populations sont parties à la recherche de terres plus fertiles ; la terre devenait source de richesses et les implantations des sédentaires a eu pour conséquence de chasser vers d’autres lieux les tribus de chasseurs. Ainsi, l’homme a toujours tenté d’aller chercher ses richesses là où il pensait les trouver. Ainsi, l’humanité s’est bâtie sur les échanges, d’abord entre les tribus, puis entre les peuples.

Il est inutile de revenir sur les mouvements de populations qui ont contribué à construire les différentes cultures des régions françaises ; il y en a eu à toutes les époques, avec différentes origines :

  • des causes religieuses, évangélisation ou islamisation, mais aussi émigration suite à des persécutions de groupes dissidents, de religions différentes ou d’idéologies différentes ;

  • des causes économiques souvent provoquées par des famines.

     

    L’immigration telle que nous la connaissons aujourd’hui a commencé au XIXè siècle, avec la révolution industrielle. A cette époque, le besoin en main d’œuvre pour alimenter les manufactures, les mines ou les usines sidérurgiques, était énorme. Le patronat « importait » des travailleurs immigrés en provenance des campagnes françaises et de pays étrangers. Le regroupement en un lieu commun d’une population hétérogène du point de vue des origines posent déjà des problèmes énormes. Les us et coutumes s’affrontent, et le mélange tarde à se réaliser. Ce sont les conditions de travail difficiles qui provoquent cette situation.

    La solidarité ouvrière voulue par quelques théoriciens du socialisme tels Marx, Lafargue et quelques autres, ne correspond pas aux réalités quotidiennes vécues dans les entreprises ; ainsi, le premier syndicat créé dans une fonderie à Longwy (dans l’est de la France) exigea … le licenciement des travailleurs étrangers ! Parfois, ces mouvements de haine pouvaient entraîner de véritables pogroms.

    Il faut dire que le patronat profitait de l’apport des populations étrangères pour maintenir des salaires bas et des conditions de travail proches de l’inacceptable ; ainsi, l’esprit revendicatif était-il dispersé. Les ouvriers se battaient sur deux fronts, d’abord contre les travailleurs immigrés en qui ils voyaient la cause de leur bas salaire, et ensuite contre leur patron, responsable de leurs conditions de travail. Le travailleur immigré n’était pas accueilli à « bras ouverts » ; il devenait le « bouc émissaire » de la classe ouvrière.

    Cette situation n’a pas beaucoup évolué pendant le début du XXè siècle. Le patronat avait toujours besoin de bras, surtout après la première guerre mondiale qui provoqua la perte de 10% de la population active. Les régimes extrémistes européens ont provoqué des mouvements de population importants qui ont, en partie, répondu aux besoins. Au début des années trente, la baisse de l’activité économique provoqua les premières expulsions. 500 000 étrangers sont expulsés entre 1931 et 1936 (1).

    Après la deuxième guerre mondiale, il fallait reconstruire ; une main d’œuvre importante était nécessaire. Dès le milieu des années 60, l’origine des populations immigrantes s’est déplacée d’Europe vers les anciennes colonies françaises. Les travailleurs immigrés étaient plutôt mal payés et plutôt mal logés, mais, l’équilibre social reposait sur un postulat: le travailleur immigré prend le travail que personne d’autre ne veut prendre.

    Il est une « matière première »  présentant l’avantage d’être d’une grande souplesse. Georges Pompidou, premier ministre en 1963 disait : « L’immigration est le moyen de créer une certaine détente dans le marché du travail et de résister à la pression sociale ».

    Il faut noter que cette affirmation date des années de plein emploi ; les années 80 ont montré que le chômage permettait les mêmes souplesses pour les entreprises. Dans les principes de fonctionnement économique préconisés, dès 1948, par la Société du Mont Pèlerin, apparaît la nécessité de créer une « armée de réserve des travailleurs ». Ce que les travailleurs immigrés permettaient est devenu possible avec le chômage à partir des années 80.

    Aujourd’hui, les besoins en main d’œuvre ont fortement diminué. On retrouve donc la situation vécue au début des années trente lorsque la baisse des besoins en main d’œuvre provoqua de nombreuses expulsions d’immigrés.

    L’objectif actuel du patronat est de pouvoir profiter d’une main d’œuvre docile et bon marché ; aujourd’hui, les principaux centres de production quittent notre territoire pour aller s’implanter là où la main d’œuvre est docile, et surtout, là où les règles de fonctionnement sont plus favorables aux entreprises. Les règles d’hygiène et de sécurité représentent un frein à la compétitivité de l’entreprise ; alors, il vaut mieux produire des piles et batteries avec des jeunes chinoises, sans protection, avec des produits dangereux, tel le cadmium, que de produire les mêmes articles avec les règles de sécurité que des luttes syndicales avaient permis de mettre en place.

    Les premiers emplois qui disparaissent sont les emplois non qualifiés ; en particulier avec la robotisation des chaînes de production automobile par exemple. Aussi, les populations d’immigrés récentes sont fortement touchées par cette crise économique.

    A cause d’une inactivité pesante, des communautarismes apparaissent dans les banlieues des grosses agglomérations, où le taux de chômage est particulièrement important. La République est peu présente dans ces lieux qui deviennent parfois des zones de « non droit » ; l’école, outil républicain d’égalité et de lutte contre l’ignorance et l’obscurantisme, n’a plus les moyens de remplir sa mission dans les quartiers défavorisés. Elle ne permet plus de gommer les différences, et, même à formation égale ou équivalente, une ségrégation forte apparaît à l’embauche des jeunes diplômés. La laïcité est mise à mal, et les médias, en mal d’événements lucratifs amplifient des phénomènes marginaux. Dans les années 80, quatre jeunes filles, parmi les 600 000 élèves de l’époque, provoquent l’événement en voulant porter le voile à l’école. Les médias couvrent l’événement par 300 heures d’image environ, faisant réapparaître les vieilles peurs viscérales, et remettant à la mode les idées extrémistes du front national.

    L’histoire de l’immigration ne se limite pas à ces quelques faits rapportés ici, mais il parait essentiel de noter le poids de l’économie dans les phénomènes d’immigration. L’économie est dirigée par des entités non démocratiques, sur lesquelles les citoyens n’ont aucune prise, sauf par l’intermédiaire des syndicats. Les relais républicains que notre société aurait pu créer concernant l’immigration ont souvent été défaillants, du fait de l’indifférence générale.

    Les défaillances républicaines dans le traitement de l’immigration, que ce soit dans les procédures d’accueil ou dans l’application des valeurs et principes républicains, n’ont pas favorisé la mise en valeur des richesses culturelles apportées par ces nouvelles populations. Ces défaillances ont favorisé des communautarismes fermés. Cette situation est aujourd’hui la source de nombreux conflits, mais surtout elle alimente les discours populistes ; ces discours, l’Europe les avait déjà entendus dans les années 30 en Allemagne et en Italie. Nous connaissons la suite.

     

                                                                                                  Bernard GONDOUIN

     

  • sources multiples sur Internet. Population en 1931 : 41,835 millions dont 2,891 étrangers. Cette population étrangère aura diminué de 20% entre 1931 et 1936, dont de très nombreux polonais et italiens

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